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Sarah Bernhardt : la Samaritaine

Reconnue comme la première star internationale, Sarah Bernhardt fut, à la vie comme à la scène, une actrice née. Peu encline à parler de ses vraies origines, honteuses au regard de ses contemporains mondains, elle ne se vanta jamais de son judaïsme, mais l’assuma sans ambiguïtés lors de plusieurs saillies antisémites, n’hésitant pas à accumuler les rôles lui faisant incarner des femmes de la Bible.
Sarah Bernhardt : la Samaritaine

 

Une catholique fière de ses origines juives

Découverte dans Iphigénie de Racine en 1862, Sarah Marie Henriette-Rosine Bernard (elle ajoutera plus tard un h et un t à son patronyme) est la fille d’une juive d’origine hollandaise appelée Judith ou « Youle ». Née autour du 22 octobre 1844, elle ne connaît pas son géniteur et sa mère s’absente souvent. Envoyée dans un pensionnat catholique, elle pense d’abord devenir religieuse, avant de se découvrir une passion pour le théâtre. Au Conservatoire, – elle prend pour modèle Rachel, une tragédienne d’origine juive alsacienne appelée « la Grande » par ses camarades de la Comédie-Française. Elle gardera de cette actrice à succès, morte prématurément en 1858 à l’âge de 36 ans, un portrait dans sa loge.

Bien que créative lorsqu’il est question de ses origines, Sarah Bernhardt ne cherche pas à dissimuler son ascendance juive ni l’identité de celle qui l’a mise au monde, allant même jusqu’à s’enorgueillir des commentaires antisémites qui lui sont parfois adressés. Ainsi, lorsqu’elle est accusée après la guerre franco-prussienne de 1870 d’être allemande et israélite, elle répond avec aplomb : « Juive certainement, mais allemande, non ! ». Patriote convaincue, elle a en effet, le temps du conflit, cessé ses activités d’actrice et converti le théâtre parisien de l’Odéon en hôpital militaire pour y soigner les soldats français blessés au combat. Lors de l’affaire Dreyfus, une vingtaine d’années plus tard, elle n’hésitera pas à s’opposer à l’armée et à son propre fils – le seul vrai amour de sa vie – pour défendre le capitaine juif injustement accusé de trahison.

Une actrice internationale

Pensionnaire de la Comédie-Française, Sarah Bernhardt brille sur les planches dans les années 1870. Elle triomphe dans Ruy Blas (1872), Phèdre (1874) et Hernani (1877). Surnommé « Voix d’Or » par Victor Hugo, dont elle est la muse, « la Divine », comme l’appellent d’autres, entame en 1879, à Londres, une carrière internationale. A la tête de sa propre troupe de théâtre, elle donne des représentations sur tous les continents. En Russie, où elle est adulée, elle se produit plusieurs fois à la cour des tsars (1881, 1892, 1908), et, en Angleterre. Suivront les scènes d’Australie (1880-1881), du Pérou et du Chili (1886) ou encore du Canada (1905), où, chaque fois, son lyrisme et sa diction emphatique transcendent la barrière de la langue. Pour honorer sa tournée américaine, qui prévoit 256 représentations en 27 semaines, la diva traverse le Midwest dans un luxueux train Pullman, spécialement aménagé pour recevoir ses 42 valises de costumes et son impressionnante équipe d’accessoiristes.

Son style impressionne et marque les esprits. Nul ne reste indifférent à sa voix charismatique et à sa gestuelle expressive. Elle se réinvente comme icône publique, en brisant des tabous, jouant des rôles d’hommes, de femmes fortes comme dramatiques, s’essayant à l’écriture sous son propre nom, excellant en peinture comme en sculpture. Même amputée d’une jambe, après une chute mal soignée, son style continuent d’inspirer – au tournant du siècle – la mode, les arts décoratifs et influencent bientôt les plus grands artistes de l’Art nouveau, tel le dessinateur Alfons Mucha qui, réalise à partir de 1894 la majorité de ses affiches de spectacle. Sur celle de La Samaritaine, une pièce de théâtre à thème biblique écrite par Edmond Rostand pour Sarah Bernhardt, le peintre-illustrateur a stylisé les écritures en langue française selon les contours de l’alphabet hébraïque et inscrit le nom ineffable au-dessus de l’actrice.

Pour l’artiste, qualifiée à la fin de sa vie de « monstre sacré » par Jean Cocteau, le judaïsme aura ainsi été une bénédiction autant qu’une malédiction. Son rôle de Photine, dans la Samaritaine, résumera l’histoire de sa vie : une juive, errante, jouant de son exotisme sémitique, « rachetée par sa conversion au christianisme ». Inhumée comme chrétienne, celle dont l’identité religieuse sera restée équivoque et mystérieuse, continue toujours, un siècle après sa mort, de séduire autant que d’intriguer.

Un siècle après sa mort, Sarah Bernhardt est à l’honneur : le Petit Palais à Paris organise une exposition exceptionnelle, jusqu’au 27 août 2023

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