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Le charlatan de Bachevis Singer

Quand on ouvre un livre de Singer, c’est comme si une fanfare tonitruante se mettait en branle. Quand on le referme, on est presque épuisé par cette abondance de couleurs, de traits de caractères, d’émotions, de détails qui nous ont submergé.
" Le charlatan " de Bachevis Singer

Certains livres, au caractère bien trempé, ont leur propre agenda. Ils décident assez mystérieusement de leur date de parution sans en référer à leur créateur. C’est le cas du Charlatan d’Isaac Bashevis Singer. Ce dernier n’aurait d’ailleurs pas laissé passer l’occasion de faire une bonne blague yiddish à propos de cette publication posthume.

Le Charlatan est paru en feuilleton entre décembre 1967 et mai 1969 dans un journal yiddish de New York — le Forvetz —, signé du pseudonyme Yitzkhok Varshavki qu’Isaac Bashevis Singer utilisait parfois. Pratiquement trois décennies après la disparition de l’écrivain, ce roman inédit, publié en français chez Stock, est une nouvelle pépite à lire absolument.

Il évoque notamment un aspect peu abordé par l’histoire : la culpabilité des Juifs du monde libre pendant l’indicible, celle des Juifs américains notamment.

À travers Hertz Minsker, personnage haut en couleur, moitié rabbin, moitié séducteur, talentueux mais raté, écrivain ne parvenant pas à accoucher d’une seule œuvre, érudit renégat, croyant et apostat, Isaac Bashevis Singer relate le tourment de ces Juifs qui parvinrent à échapper de justesse aux griffes nazies en partant pour l’Amérique, sans savoir qu’ils ne reverraient jamais le monde qui les avait vu naître.

On découvre aux côtés de ce charlatan, sa compagne, Bronia, rongée par le chagrin. Bronia, séduite par Hertz en Pologne, a quitté son mari et ses deux jeunes enfants pour vivre sa passion en Amérique. Au fil des nouvelles qui lui parviennent au compte-goutte, elle comprend que ses enfants sont pris au piège et qu’elle ne pourra rien faire pour eux.

Singer, arrivé à 20 ans aux États-Unis avec sa famille, a probablement vécu lui-même le lent supplice d’une culpabilité silencieuse.

En partant pour les États-Unis en 1935, il avait promis à sa femme Rachel et à leur fils de cinq ans de les faire venir, mais arrivé à New York, il épousera une autre femme, abandonnant la sienne.

Contrairement à l’histoire tragique du personnage de Bronia, Rachel, elle, part en URSS avec son fils, puis vers la Palestine mandataire. Pour autant, cet abandon continuera de retentir en lui comme un métronome.

En lui, et comme peut être en chacun d’eux, « se cachait un ennemi qui capitalisait sur la moindre faiblesse, la moindre erreur, le plus petit échec. La vie et la mort se livraient l’une contre l’autre à un jeu que la mort devait forcément gagner. On pouvait, au mieux, tout juste en retarder le moment, le repousser ou le justifier. Des puissances destructrices étaient en train de plonger des millions de gens dans l’angoisse, l’humiliation, la défaite, la mort. Et lui, Hertz, faisait partie de ces démons » écrit-il.

Le Charlatan nous livre aussi des dialogues entre le personnage principal, Hertz, et D.ieu, qui témoignent de l’attachement de Singer à la Torah et au Créateur, mais aussi certainement son désir de le remettre en question. Sa vision de l’amour nous interpelle aussi, sereine, puis contrariée. Sans oublier le sentiment de déracinement profond de ces Juifs arrivés du Shtetl, contraints de réinventer leur vie avec des codes inconnus. Une véritable photographie d’époque, que Singer fait revivre avec son talent de conteur inimitable.

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