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Les Juifs du Cap-Vert : une histoire fascinante et méconnue

L'histoire des Juifs du Cap-Vert est un récit captivant, empreint de courage et de persévérance. Au cours des siècles, des Juifs, principalement des Marranes — qui ont été contraints à la conversion forcée au christianisme au XVe siècle — ont trouvé refuge sur ces îles isolées pour échapper à l'Inquisition espagnole et portugaise. Ils ont été rejoints par des Juifs du Maroc qui cherchaient à fuir les diktats imposés par l’islam. Le Cap-Vert est devenu un refuge pour ceux qui fuyaient la persécution religieuse en Europe ou en Afrique du Nord, offrant un havre de paix et de liberté religieuse.
Les Juifs du Cap-Vert : une histoire fascinante et méconnue

ainsi à la richesse historique et culturelle de l’archipel. Leur intégration dans la société capverdienne a été progressive, mais leur influence a été indéniable dans de nombreux domaines, notamment dans le commerce, les transports maritimes et le monde politique.

Ils ont pu pratiquer librement leur judaïsme et faire du commerce : celui des cuirs, des peaux, de la cire, de l’ivoire, mais aussi, comme tous les commerçants de la région, Portugais, Anglais, Français, Africains, le commerce des esclaves.

L’arrivée des Juifs marocains

Au milieu des années 1800, des Juifs marocains qui voulaient échapper aux décrets contre eux dans les pays musulmans, s’installèrent dans l’archipel et rejoignirent la petite communauté déjà présente. La légende dit qu’un bateau chargé d’émigrants juifs marocains fit naufrage et se brisa sur un récif de l’archipel. Les naufragés, miraculeusement saufs, s’installèrent sur la côte et fondèrent un village qui se nomme encore aujourd’hui Sinagoga dans l’île de San Anton. Leurs noms de famille indiquent que la majorité venait des villes marocaines de Tanger, Tétouan, Rabat et Mogador (aujourd’hui Essaouira), portant des noms sépharades distinctifs tels que Anahory, Auday, Benoliel, Benrós, Benathar, Benchimol, Brigham, Cohen, Levy, Maman, Pinto, Seruya et Wahnon.

Cependant, les Juifs arrivant au Cap-Vert étaient souvent de jeunes célibataires qui épousaient des femmes locales, et se sont progressivement assimilés. De ce fait, de nombreux descendants de juifs du Cap-Vert ne sont pas juifs, et les autres ne pratiquent aucune religion.

L’histoire des Juifs au Cap-Vert est riche en personnalités et en histoires de famille qui ont contribué de manière significative au tissu social et économique de l’archipel. Parmi les familles juives les plus remarquables, les Benoliel se distinguent par leur influence et leurs contributions durables.

Les grandes familles

David Benoliel, membre éminent de la famille Benoliel, était une figure respectée dont l’impact sur l’économie cap-verdienne reste incontestable. Arrivé sur l’île de Boa Vista vers 1860, David a bâti un empire commercial florissant, possédant une flotte de près de 20 navires qui transportaient des marchandises essentielles entre les îles. Son mariage avec la famille Carvalho, non-juive, illustre l’assimilation et l’intégration des Juifs dans la société cap-verdienne. Aujourd’hui encore, les entreprises fondées par ses descendants, telles que João Benoliel de Carvalho et Sociedade Luso Africana, perpétuent son héritage entrepreneurial.

La famille Cohen, quant à elle, a laissé une empreinte indélébile sur l’île de Santo Antao. Le patriarche David Jacob Cohen, originaire de Mogador (aujourd’hui Essaouira), au Maroc, a été un pilier du commerce, de l’agriculture et de l’industrie capverdiens. Son fils Benjamin Cohen, propriétaire d’un magasin général réputé à Ponta do Sol, était un exemple de réussite dans le commerce local. Les descendants de la famille Cohen ont embrassé diverses professions, devenant médecins, ingénieurs, avocats et leaders communautaires. Zelinda Cohen, arrière-petite-fille de Benjamin, préside aujourd’hui la Commission des droits de l’homme du Cap-Vert, tandis que feu le Dr. Anibel Lopes da Silva, descendant de la famille, était un médecin respecté sur l’île de São Vicente.

Les familles Wahnon et Pinto ont également marqué l’histoire du Cap-Vert. Yonah et son fils Isaac Wahnon, venus de Gibraltar dans les années 1800, ont été parmi les premiers membres de la famille à s’installer dans l’archipel. Leurs descendants ont occupé des postes de leadership dans divers secteurs, contribuant au développement économique et social du pays. Carlos Alberto Wahnon de Carvalho Veiga, descendant notable de la famille, a marqué l’histoire en devenant le premier ministre démocratiquement élu du Cap-Vert. Son mandat de dix ans a été caractérisé par des réformes politiques majeures qui ont façonné le paysage politique actuel de l’archipel. Nous pouvons aussi citer l’homme d’État cap-verdien Carlos Veiga, petit-fils d’immigrants juifs originaires de Gibraltar, arrivés au Cap-Vert au milieu du XIXe siècle, qui fut premier ministre entre 1991 et 2000. 

Ces familles, ainsi que d’autres, telles que les Pinto et les Benros, ont joué un rôle central dans l’histoire juive du Cap-Vert, contribuant à la prospérité économique, politique, à la diversité culturelle et à la richesse sociale de l’archipel. Leurs histoires individuelles témoignent de la persévérance et de l’adaptabilité de la communauté juive face aux défis et aux opportunités qui se sont présentés au fil des siècles. 

Que reste t-il?

Des vestiges de la présence juive subsistent dans tout l’archipel, notamment à travers les cimetières juifs à Santo Antao, Boa Vista et Santiago, des tombes aux inscriptions en hébreu et en portugais. Des initiatives visant à restaurer et à préserver ces sites historiques sont en cours, témoignant du désir de respecter cette part importante de l’histoire du Cap-Vert.

En 1995, la société d’amitié Cap-Vert-Israël a été créée pour revitaliser la vie juive dans les îles. En 2008, une organisation américaine, la Cape Verde Jewish Heritage Project, a été fondée pour restaurer les cimetières juifs de Santo Antao, Boa Vista et Santiago et créer des archives relatives à la généalogie des Juifs du Cap-Vert. Selon son président, Carol Castiel, son but est d’honorer la mémoire et d’explorer les contributions des nombreuses familles juives séfarades qui ont émigré au Cap-Vert depuis le Maroc et Gibraltar au milieu du XIXe siècle.

Cependant, malgré leur influence et leurs riches activités, la communauté juive du Cap-Vert a progressivement diminué au fil du temps. De nombreux Juifs ont émigré vers d’autres régions, en particulier vers Israël, à la recherche de communautés juives plus grandes et plus établies. Aujourd’hui, il ne reste pratiquement plus de Juifs résidant au Cap-Vert, mais leur héritage continue de résonner à travers les récits historiques, les traditions locales et les traces laissées dans le patrimoine culturel de l’archipel.

En conclusion, bien que la vie juive soit désormais absente du Cap-Vert, l’empreinte laissée par ces communautés restera à jamais ancrée dans l’histoire et la culture de l’archipel. Il est essentiel de s’en souvenir en honorant la mémoire des Juifs qui ont trouvé refuge sur ces îles lointaines, après avoir survécu à l’antisemitisme et avoir échappé à la conversion, mais qui en définitive ont fini par s’assimiler.

 

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