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Le Shofar, un son juif

Les instruments de musique créent des ambiances, et des etats de conscience permettant le lien avec le monde spirituel. Le Shofar, instrument original, et objet du culte juif, en plus de sa mélodie particulière est porteur de plusieurs significations profondes.
Le Shofar, un son juif

La musique est le langage universel de l’âme. Le Gaon de Vilna disait qu’elle se situe juste en dessous du niveau de la prophétie[1]Introduction Péat Hachoulhan, voir aussi Chroniques 1, 23 :4.

De tout temps, les hommes se sont servi d’instruments acoustiques pour créer des connexions spirituelles, favoriser des états méditatifs ou entrer en transe. Dans un passage de la bible, le prophète Elisée convoqua un musicien afin d’être capable de prophétiser « Amenez-moi un musicien. Tandis que celui-ci jouait de son instrument, l’esprit du Seigneur s’empara du prophète[2]Livre des Rois 2, 3 :15 ».

On notera également le Sitar d’Inde, cet instrument à cordes pincées, les Taiko, emblématiques tambours japonais ou encore les célèbres cornemuses écossaises, les Bagpipes, qui font partie intégrante du patrimoine de ses cultures. Le peuple juif possède également son instrument, le Shofar.

 

Shofar qui es-tu ?

Le Shofar est un instrument de musique à vent, fait à partir des cornes de n’importe quel animal cacher, à l’exception du bœuf dont les cornes sont appelées en hébreu kerèn (et non Shofar) et des cervidés dont les cornes ne sont pas creuses. La communauté yéménite est la seule à utiliser traditionnellement une corne d’antilope appelée koudou.

On a coutume de confectionner le Shofar à partir des cornes de bélier, en souvenir du récit biblique lié au sacrifice d’Abraham, qui offrit un bélier à la place de son fils Isaac. Le Talmud[3]Rosh Hashana, 16 évoque également sa forme courbée évocatrice d’humilité.

La corne, une fois sélectionnée, sera creusée et vidée de son contenu, puis laissée sécher pendant environ un an avant d’être nettoyée, stérilisée, séchée et polie. Il est courant de polir le Shofar à l’aide d’une forte chaleur à l’intérieur. Les revêtements, ornements, fissures ou trous invalident le Shofar au regard de la Halakha (loi juive).

Il existe différents modèles et tailles de Shofar qui impactent la qualité du son émis. Le son du Shofar doit être produit par la pression de la respiration à l’intérieur du cor.

 

Par-delà le son

Toutefois, au-delà d’être un instrument de musique, le Shofar est avant tout un objet de culte pour le peuple juif. Dans la Torah, le jour de Rosh Hashana est appelé « le jour de la sonnerie du Shofar[4]Nombres, 29 :1». 

Comment le Shofar transcende-t-il sa nature d’instrument musical ordinaire pour se métamorphoser en un artefact sacré ? 

Le Rav Saadia Gaon[5]Responsa 882-942/4642-4702 évoque à cela dix raisons.

  1. Le son du Shofar est le son que l’on entonne lors du couronnement d’un roi[6]Samuel 2, 15 :10, à Rosh Hashana, nous couronnons le règne de D.ieu.
  2. Il est sonné à la période des dix jours de pénitence qui évoque la période du repentir.
  3. Il fait écho aux appels des prophètes qui exhortaient le peuple au repentir.
  4. Il rappelle le don de la Torah qui était accompagné d’un son de Shofar[7] Exodes, 9 :16-19.
  5. Il évoque le sacrifice d’Isaac remplacé par un bélier.
  6. Son air favorise un sentiment de lamentation prompt à l’introspection.
  7. Il rappelle les sonneries que faisaient retentir ceux qui ont détruit le Temple, favorisant la résipiscence.
  8. Il prédit le jour du dernier Jugement qui sera accompagné du même son.
  9. Il évoque le jour du rassemblement messianique, qui s’annoncera par le Shofar.
  10. Il renvoie à la résurrection des morts.

 

La singularité du Shofar est due à tous ses aspects dont il est porteur. La qualité de sa mélodie, la nature de l’animal dont il provient, le jour où il est sonné ainsi que les récits bibliques auxquels il fait référence. 

Toutefois, dans la mystique juive, le Shofar possède également un autre aspect. 

Le maître kabbalistique Rabbi Ishaya Horowitz, qu’on surnomme le Chlâa Hakadoch déclare[8]Shéné Louhot Habérit, p. 117 que le son du Shofar émit à Rosh Hashana, avilit le Satan dans son rôle d’accusateur à l’égard d’Israël. Le Talmud[9]Rosh Hashana, p. 16 recommande de prononcer mentalement la formule suivante « Kéra Satan » littéralement : déchiquette Satan ! Comme si le son du Shofar avait le pouvoir de repousser l’action du mal.

Le Talmud ramène plusieurs histoires selon lesquelles le son du Shofar eut la capacité de chasser des démons ou les esprits de personnes possédées[10]Houlin, p.105, Kétoubot, p.17. On connaît aussi l’épisode des murailles de Jéricho qui s’effondrèrent sur elles-mêmes au son du cor des pontifes lors de la conquête de la ville. D’après certains, Josué sonna de la corne de bélier afin de débarrasser les esprits impurs de la ville à conquérir.

Il n’est pas impossible que l’impact du Shofar soit directement lié au conditionnement spirituel qu’il engendre chez ceux qui en connaissent le sens. Ceux qui prête l’oreille à sa résonance fusionnent avec le divin, se dépouillant quelque peu de leur nature humaine, s’offrant la possibilité d’un miracle. 

Références

Références
1Introduction Péat Hachoulhan, voir aussi Chroniques 1, 23 :4
2Livre des Rois 2, 3 :15
3Rosh Hashana, 16
4Nombres, 29 :1
5Responsa 882-942/4642-4702
6Samuel 2, 15 :10
7 Exodes, 9 :16-19
8Shéné Louhot Habérit, p. 117
9Rosh Hashana, p. 16
10Houlin, p.105, Kétoubot, p.17

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