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Le Diamantaire, d’Esther Kreitman

Peu de gens savent que les frères Singer, Isaac Bashevis et Israël Yoshua, ont eu une sœur aînée, Esther, épouse Kreitman, traductrice, journaliste, nouvelliste et écrivain. Elle fut la première à raconter ce qui fera leurs gloires, la vie juive dans les bourgades polonaises. Pourquoi l’aînée des Singer a-t-elle été effacée de la photo de famille ?
Le Diamantaire, d’Esther Kreitman

Elle va devenir l’épouse et la mère dévouée d’un mariage arrangé. Or Esther, la rebelle, nourrissait d’autres rêves. Dotée d’une imagination fertile, elle écrit ses premières nouvelles en yiddish et s’est avérée être une conteuse admirée par ses jeunes frères.

En 1912, elle quitte la maison familiale, mariée à un diamantaire d’Anvers, Avraham Kreitman. Ces années passées dans le milieu juif anversois lui inspireront le roman Brilyantin, Le Diamantaire. Le couple quitte la Belgique et s’établit à Londres en 1926, pour bientôt se séparer. Esther survit en se lançant dans des traductions, de l’anglais vers le yiddish, d’œuvres de Charles Dickens, Georges Bernard Shaw, et écrit de nombreuses nouvelles dans des revues juives.

En 1936 paraît, à Varsovie, un roman autobiographique écrit à Londres, Der Shey dim Tants — « La danse des démons » —, édité en anglais en 1946 sous le titre Deborah. Esther pose un regard dénué de complaisance sur le microcosme du shtetl à la veille de la Première Guerre mondiale. Contrairement à l’œuvre de son frère Isaac Bashevis, empreinte de nostalgie pour ce monde d’autrefois, celle-ci aspire à la modernité.

Son roman Brilyantin — Le Diamantaire — est édité à Londres en 1944 chez W&G. Foyle mais ne nous est parvenu en français qu’en 2014, dans une belle traduction du yiddish par Gilles Rozier. Dans ce merveilleux roman, Esther Kreitman opère par touches colorées et saisissantes, teintées d’une ironie légère pour raconter les déboires de Guedalia Berman, un riche diamantaire anversois, cupide et arrogant, tyrannique avec les siens, à l’heure où la Première Guerre mondiale s’annonce aux portes de l’Europe. Le récit, très documenté, décrit avec précision les diverses professions du milieu des diamantaires qu’elle a connu, la forte hiérarchie qui y règne et dépeint la communauté juive anversoise à travers des personnages bien campés. Mais le shtetl n’est jamais loin dans l’œuvre d’Esther Kreitman, et lorsque le vieux père de Guedalia Berman, tout droit venu de Pologne, se présente en guenilles à l’entrée de la demeure du diamantaire, elle nous offre des pages émouvantes à travers les souvenirs du protagoniste dans le village triste de son enfance, et ce, pour expliquer ce qui l’a poussé très jeune à le quitter et à forger sa réussite enviée. L’épreuve de la guerre arrive, l’exil de la famille à Londres se révélera très rude.

Malgré les éloges des critiques de son vivant sur l’ensemble de son œuvre, après son décès en juin 1954, Esther Kreitman est tombée dans l’oubli. Malade et désargentée, aucune aide ne lui est jamais parvenue de son frère Isaac Bashevis, selon le témoignage de son fils, l’écrivain Morris Carr. Cette sœur, qui aurait inspiré au prix Nobel de littérature le personnage de Yentl, est considérée aujourd’hui comme la pionnière des écrivains yiddish féministes.

Le Diamantaire, Esther Kreitman — Calmann-Lévy 2014 – 430 p.

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