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À la redécouverte de Chavouot

Avec Pessah et Souccot, Chavouot est une des trois fêtes que Dieu a fixées à Son peuple dans le cycle annuel, des rendez-vous importants. Cette fête est cependant peu ou mal connue et peu suivie en dehors d'Israël. Cet article tente d’en éclaircir les raisons.
À la redécouverte de Chavouot

Le nom Chavouot signifie « semaine » et est tiré du mot Sheva qui veut dire « sept » ; car chacun doit compter sept semaines, donc 49 jours, après le début de Pessah : c’est le décompte de l’Omèr, entre la fin de la récolte de l’orge et le début de la récolte du blé. Chavouot est célébrée le 50e jour avec l’offrande de la première gerbe de blé.

Le nombre sept se retrouve plusieurs fois dans le judaïsme et symbolise la Création, par exemple les sept planètes, les sept continents, les sept océans, et ainsi de suite ; mais aussi dans des commandements divins : institution du Chabbat le septième jour, le repos de la terre Shmitah, la septième année dite « sabbatique » et le Jubilé comme étant la 50e année qui suit sept cycles de Shmitah (49 ans). On voit que Chavouot se situe aussi dans cette conjonction des nombres sept et cinquante. Il y a un certain mystère sur la signification divine du nombre cinquante, qui est noté avec la lettre noun (נ), début du mot « miracle » (נס).  

Quoi de plus mystérieux qu’un miracle ?

La Torah ne révèle pas la raison profonde de Chavouot, ni même sa date calendaire, comme si elle n’était pas liée à un événement précis. De plus, il y a une imprécision : le décompte est censé commencer le jour après le Chabbat, Chavouot aurait donc une date variable selon les années ! 

Les Sages ont expliqué qu’il faut lire « le jour après le jour férié », qui est le premier jour de Pessah : le décompte de l’Omèr commence donc au deuxième jour de Pessah, ce qui fixe la date de Chavouot au 6 Sivan. Or le Talmud a fixé que le 6 Sivan a été le jour du don de la Torah. C’est ainsi qu’il faut comprendre Chavouot comme étant liée à Pessah, pendant laquelle on fête la sortie d’Égypte, donc notre rédemption physique (Il convient donc de voir Chavouot liée à Pessah, qui célèbre notre sortie d’Égypte, marquant ainsi notre rédemption corporelle).

 

À Chavouot, on fête l’entrée dans l’Alliance divine, donc notre rédemption spirituelle. Le décompte de l’Omèr correspond aux 49 niveaux de sainteté à effectuer entre les deux rédemptions. Selon le Talmud, le don de la Torah s’est déroulé un Chabbat[1]Chabbat 86 b, ce qui pose une difficulté, car le 6 Sivan ne tombe jamais un Chabbat. Mais si l’on considère que la sortie  d’Égypte a eu lieu en l’an hébraïque 2454[2]Voir article Yedia, le 6 Sivan était tombé un vendredi, veille de Chabbat, et le don de la Torah a pu avoir eu lieu le 7 Sivan, comme certains talmudistes l’ont affirmé.

 

Tous ces détails font que la fête de Chavouot s’est vu attribuer plusieurs noms et traditions : 

  • Fête des Semaines (חג השבועות)[3]Exode 34 :22, Deutéronome 16 :9-10, avec le décompte du Omèr.
  • Fête de la Moisson (חג הקציר)[4]Exode 23 :16, avec la lecture du rouleau de Ruth, car sa rencontre avec Boaz s’est déroulée lors des moissons[5]Ruth 2 :23; de leur union est venu le roi David, né et mort à Chavouot, de qui viendra le Messie ; la loyauté de Ruth envers le peuple juif est symbole de la loyauté d’Israël envers la Torah[6]Les ashkénazes lisent le poème liturgique médiéval Akdamout écrit par Rabbi Méir bar Itzak d’Orléans..
  • Fête des Premiers Fruits (יום הבכורים), avec l’offrande de la première récolte[7]Nombres 28 :26 ; à l’époque du Temple, on apportait deux pains pour les agiter devant l’Éternel[8]Lévitique 23 :17.
  • Atzéret (עצרת), qui veut dire « arrêt » ou « conclusion » et est utilisé dans le Talmud pour l’assemblée solennelle de Chavouot[9]Rosh Hashana 6 b ; de la même façon, Soukkot est conclue avec Shemini Atzéret.
  • Fête du don de la Torah (חג מתן תורה), avec la lecture des Dix Commandements dans les synagogues ; Chavouot ayant été associé au don de la Torah, il est coutume d’étudier la Torah pendant la veille de fête pour se préparer spirituellement et montrer notre joie festive à la recevoir.

Depuis l’époque médiévale, voire avant, il est coutume de décorer les synagogues et les maisons avec des fleurs. Ceci tient à la tradition que le pied du mont Sinaï, normalement désertique, était miraculeusement devenu fertile et fleuri en prévision du don de la Torah[10]Midrash Rabbah, Exode, Paracha Jethro, 29 :9, et que chaque parole divine prononcée était accompagnée de parfums répandus dans le monde entier[11]Chabbat 88 b. Cependant, cette coutume de décorer les espaces avec des fleurs n’a pas toujours été acceptée, notamment par le Gaon de Vilna (18e siècle) qui considérait que c’était copier une coutume non-juive d’utiliser des fleurs lors de fêtes.  

Lors de Chavouot, la tradition est de consommer des produits laitiers, dont les délicieux gâteaux au fromage. Ceci est lié au don de la Torah, car il est dit qu’en Terre d’Israël « coulent le lait et le miel[12]Exode 3 :8  » ; or, le lait étant « nourrissant », il est un des symboles de la Torah[13]Cantique des Cantiques 4 :11.

Étant une des trois fêtes majeures du judaïsme (Chalosh Regalim), Chavouot a été célébrée depuis l’époque des Hébreux dans le désert, il y a plus de 3000 ans. Jusqu’à la destruction du Temple, la fête était liée au décompte du Omèr et à l’offrande des moissons. Après la destruction du Temple, les offrandes populaires n’étant plus possibles, l’esprit festif de Chavouot risquait de disparaitre. Les Sages du Talmud ont alors associé la fête à la célébration du don de la Torah pour maintenir la joie et la foi pendant près de 2000 ans. 

Depuis le retour sur la Terre d’Israël, en plus de la coutume traditionnelle de décorations fleuries, et de celle de vêtir les écoliers de blanc avec des couronnes végétales sur la tête, la fête recommence aussi à être observée dans les colonies agricoles, religieuses ou non, lors des moissons. Chavouot reprend ainsi sa vocation originelle de fêter les moissons sur la Terre d’Israël. 

Espérons que le Temple sera bientôt reconstruit et, alors, le renouveau de cette fête sera complet.

Références

Références
1Chabbat 86 b
2Voir article Yedia
3Exode 34 :22, Deutéronome 16 :9-10
4Exode 23 :16
5Ruth 2 :23
6Les ashkénazes lisent le poème liturgique médiéval Akdamout écrit par Rabbi Méir bar Itzak d’Orléans.
7Nombres 28 :26
8Lévitique 23 :17
9Rosh Hashana 6 b
10Midrash Rabbah, Exode, Paracha Jethro, 29 :9
11Chabbat 88 b
12Exode 3 :8
13Cantique des Cantiques 4 :11

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