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Histoire biblique et juive de Gaza

La cité de Gaza a 5000 ans d'Histoire mais, étant située sur la route de passage entre différents empires, elle a été sous le joug de plusieurs dominations successives. Cet article met en lumière la riche histoire de Gaza et de sa destinée manquée dans le patrimoine mondial de l'Humanité.
Histoire biblique et juive de Gaza

Son histoire a commencé à l’ère du Bronze ancien lorsqu’une première cité était établie sur une colline:Tell el-Ajjul . Ce site, partiellement fouillé dans les années 1930 par les Britanniques, a été rasé par les bulldozers du Hamas en 2017.

Le pharaon Thoutmôsis III a conquis Canaan vers 1500 avant notre ère, alors que les Hébreux prospéraient en Égypte. La divinité de Gaza était le dieu-poisson Dagon. Son nom signifie aussi chance et fortune en langue sémitique, comme le patriarche Gad que sa mère, la concubine Zilpa, avait mis au monde en s’exclamant : « La chance est arrivée. » (Genèse 30:11).

Après la conquête de Canaan, Josué a procédé au partage territorial parmi les tribus d’Israël. Gaza a été allouée à Juda (Josué 15:47). Mais il est dit que les Philistins l’habitaient et avaient formé une alliance de cinq cités : Gaza, Ashdod, Ashkelon, Gath et Ékron (Josué 13:3). Qui étaient les Philistins ? Il s’agissait de Peuples de la Mer, venus de la mer Égée dont Caphtor (Genèse 10:14, Amos 9:7), qui s’étaient exilés sur la côte du Levant. D’ailleurs le nom Philistin — et donc Palestine — vient de l’hébreu « פלשת » qui veut dire « invasion ». Ces envahisseurs s’étaient mixés à la population cananéenne locale mais, à Gaza, qui était habitée par les Avvim (Deut. 2:23), ils ont massacré la population et se sont installés à leur place.

Gaza est aussi attachée à l’histoire du juge Samson. Hébergé par une aubergiste de la ville, les habitants lui tendirent un piège.  Il s’échappa en emportant la porte de la cité (Juges 16:1-3). Samson tomba alors amoureux de la fatale Dalila qui le trahit et revint à Gaza, cette fois comme prisonnier rasé et aveuglé. Lors d’un banquet au temple de Dagon où il fut exhibé, il rassembla des forces retrouvées pour faire écrouler le bâtiment sur ses ennemis (Juges 16:21-30). 

 Au Xe siècle avant notre ère, le royaume israélite se scinde entre Jéroboam et Roboam : Gaza tombe dans le territoire du royaume du Nord. Le prophète Amos prophétisa contre elle :

Ainsi parle l’Éternel : « À cause du triple, du quadruple crime de Gaza, je ne le révoquerai pas, [mon décret]. » (Amos 1:6)

Pourquoi le texte se ravise-t-il du triple au quadruple ? Faut-il situer le triple crime dans les temps bibliques et un quatrième pour les temps futurs ? En 5783 ?

Et, après cette prophétie, par trois fois, les punitions s’abattirent sur Gaza : Assyriens avec Téglath-Phalasar, Judéens avec le roi Ezéchias (2 Rois 18:8), et le pharaon Nékao (Jérémie 47:1-2) qui l’éradiqua. Mais plus tard, le perse Cambyse II y reconstruit une forteresse nommée Kadytis. Elle fut la seule forteresse du Levant à s’opposer à Alexandre le Grand. Il fallut un siège de cinq mois pour en venir à bout.

Avec l’ère hellénistique, la paix relative régna sur un vaste empire homogène. Les nomades nabatéens, dont la capitale était Pétra, s’installèrent sur les ruines de Gaza pour y ériger un port de commerce maritime des épices. En parallèle, le royaume hasmonéen fut établi et s’étendit grandement sous le règne d’Alexandre Jannée. Lui aussi prit la Gaza nabatéenne au bout d’un long siège, mais il ne la détruisit pas car son but était de se saisir de son commerce lucratif. Il nomma Antipater gouverneur d’Idumée en y incluant Gaza. Cette famille était Iduméenne de Marésha en Basse-Judée et avait fait fortune dans l’élevage de colombes. Ceux qui visitent ce site archéologique ne doivent pas manquer d’entrer dans ses colombiers souterrains gigantesques. Antipater a su jouer des dissensions entre héritiers hasmonéens. Et lorsque le général Pompey absorba la Judée sous tutelle romaine en 63 avant notre ère, Antipater prit le parti de Rome. Il en fut récompensé avec la reconstruction de Gaza, puis le choix de son fils Hérode comme Roi des Juifs. Après la mort d’Hérode, Gaza commença à refleurir comme cité romaine. La ville était dirigée par un conseil de 500 membres composé de Grecs, de Romains, de Judéens et d’autres. Sous l’empereur Hadrien, Gaza voit un nouveau temple se construire pour le culte de Marnas — qui signifie Seigneur en araméen —, qui devient le culte de la cité.

Le christianisme se répand dans la région à partir de 250. L’évêque de Gaza, Porphyre, réussit à convaincre l’empereur byzantin de détruire les temples païens de la ville. Ceci fut accompli en 402 et, à la place du temple de Marnas, fut érigée une basilique dédiée à l’impératrice Eudoxie.

Les Juifs de Gaza inaugurèrent aussi la construction d’une synagogue qui avait la particularité de posséder cinq nefs. Elle mesurait 30 mètres sur 26, avec une orientation est-ouest comme le Temple de Jérusalem. Les fouilles archéologiques menées après la guerre des Six jours ont permis d’y trouver de très belles mosaïques dont une célèbre de David en train de jouer de la lyre. Son nom est inscrit en hébreu ainsi : « דויד ». Autour de lui sont représentés un lion, symbole de Juda, un serpent, symbole des temps messianiques, et une girafe pour la grâce et la sagesse. La mosaïque de sol contient des médaillons avec des animaux, similaire à la synagogue de Ma’on découverte proche de Gaza.

Les Byzantins ont toléré la présence de Juifs, jusqu’à un certain point. Leur présence dans Gaza a décliné après l’incendie de leur belle synagogue. On ne trouve pas grande trace de leur présence pendant les siècles suivants jusqu’au règne des Mamelouks, quand les Juifs sont autorisés à revenir s’y installer. Nous disposons du récit de 1481 de Meshullam de Volterra, un voyageur juif italien, pour en attester :

« On y trouve du pain et du bon vin, mais seuls les Juifs font du vin. […] Il y a environ cinquante chefs de famille et artisans juifs. Ils ont une petite mais jolie synagogue, des vignes, des champs et des maisons. Ils avaient déjà commencé à faire le vin nouveau. […] Les Juifs vivent au sommet de la colline. Que D.ieu les exalte. »

À l’époque des Mamelouks, plutôt tolérants, la communauté juive de Gaza devint la troisième en importance après Jérusalem et Safed.

C’est en 1917 que Gaza refit parler d’elle. L’armée britannique se heurte à l’armée turque en 1917, mais la ville finit par tomber en novembre. Le reste de la région suivra et le général Allenby fit une entrée triomphale à Jérusalem lors de la fête de Hanouca en décembre 1917.

Au XXe siècle, Gaza a fait partie de la Palestine Mandataire et, après la guerre de 1948, a hébergé des camps de réfugiés arabes. Depuis 2007, elle est sous contrôle du Hamas.

 



SOURCES

https://www.timesofisrael.com/in-gaza-hamas-levels-an-ancient-archaeological-treasure/ 

Hérodote, Histoires, Livre II, 159

E.J. Chinnock, The Anabasis of Alexander, 1884, pp. 135-139

Flavius Josèphe, Antiquités des Juifs, 13:1-3

Talmud de Babylone, traité Houlin, 139b

The New Encyclopedia of Archeological Excavations in the Holy Land, volume 2, article “Gaza”

F.G. Hill, Mark the Deacon: Life of Porphyry, Bishop of Gaza, 1913, pp. 26-27

Ibid. p.92

The New Encyclopedia of Archeological Excavations in the Holy Land, op.cit.

Elkan Nathan Adler, Jewish Travellers in the Middle-Ages, reimpression 2015, VIII Gaza, pp. 179-185

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