Salut Greta,
J’espère que tu es bien rentrée au pays des rennes, après cette formidable épopée à la tête de ta flottille, affrontant courageusement les ondes et les attaques de drones, les sévices et les brutalités dans les prisons sionistes…Alors j’ai pensé que tu aurais plaisir à avoir un peu de mes nouvelles, au pays de l’apartheid, tu sais, entre la mer et la rivière…
Là, aujourd’hui, je suis allé à la piscine universitaire. Grosse surprise : Choukri n’était pas là ! Il est parti à Bucarest, en Roumanie, pour y voir son fils Adnan qui y fait des études de médecine, grâce à une bourse d’étude obtenue de haute lutte des autorités sionistes-racistes. Choukri, c’est mon pote. C’est le maître nageur, la cinquantaine bedonnante, il habite à Beith Tsefafa. Beith Tsefafa, c’est un village arabe de la banlieue de Jérusalem. Les habitants se sont tous enfuis en Jordanie, en juin 1967, lors de la conquête de la ville. Moché Dayan les a suppliés de rentrer. Alors ils ont dit d’accord, de toute façon, Dayan, il ne voit pas d’un œil, alors s’il nous fait les gros yeux, on repartira en s’enfuyant du côté de l’œil qui ne voit pas…Finalement, ils sont restés, et ils se sont même fait construire de jolies maisons par les Juifs. Pas fous, ils disent, si déjà on reste, autant en profiter…
Choukri est donc remplacé…par une jeune remplaçante. Une étudiante qui, comme quasiment tous les employés du centre sportif, bénéficie d’emplois protégés grâce à la politique de discrimination positive. On sait bien que c’est un piège, pour mieux les raciser : si tu obtiens un emploi pareil, très convoité parce que c’est la planque bien payée, c’est sûr que tu es arabe, donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on t’a mis une cible dans le dos. Et en plus, tous les Juifs qui, eux, n’y ont pas droit, ils te regardent d’un mauvais œil. Donc c’est sûr que c’est un piège, pour mieux mettre la bisbille entre les gens. En plus, ils ont mis cette jeune femme comme remplaçante de Choukri pour les heures réservées aux hommes ! Franchement, ils n’avaient qu’elle ? Exprès pour énerver les nageurs arabes, qui ne supportent pas de se faire surveiller par une femme ? En plus, sûrement une arabe mécréante : forcément, pour devenir maître-nageuse, faut bien qu’elle soit un peu mécréante. D’ailleurs, même si elle est couverte sur tout le corps, rien pour couvrir la tête ! On ne va pas exiger le burkini, on n’est pas des fanatiques chiites iraniens, mais quand même ! Et les Arabes, ils n’aiment pas les femmes mécréantes choisies exprès par les Juifs.
Je peux te dire que dans les vestiaires, ça rouspète. Très fort. On a même décidé d’écrire à Donald. Pour exiger qu’il ajoute notre revendication à son programme en vingt points pour établir la paix au Proche-Orient : supprimer immédiatement les emplois protégés par la discrimination positive des autorités sionistes-racistes, qui obligent les étudiants arabes à accepter des emplois favorisés, aux dépends des étudiants juifs racisés dans leur propre pays.
Dans la Palestine-de-la-rivière-à-la-mer, pas de place pour l’antisémitisme des autorités sionistes-racistes !
Voilà, camarade Greta, je voulais t’offrir ce beau slogan. Bien joué, non ? Toi et Rima, vous pourrez sûrement en faire bon usage, quand vous reviendrez nous voir avec votre prochaine flottille.







