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Le métier de scribe : Sofer St’’am : l’artisan du sacré

Observer un Sofer Stam écrire un rouleau de la Thora est une leçon en soi. Entièrement absorbé par l’univers infini des lettres, le monde extérieur doit lui semble bien étroit. Sa concentration, son application, sa ferveur, son intention, la délicatesse de ses mouvements pour parvenir au Aleph, au Shin ou au Youd parfait provoquent une émotion profonde.

On perçoit l’humilité d’un homme devant le sanctuaire des 22 lettres de l’alphabet juif capables de révéler l’histoire d’un peuple, les secrets de la création ou encore les lois d’une précision redoutable sur le service des prêtres dans le temple. La responsabilité est lourde pour ces hommes de l’ombre qui incarnent à la virgule près ce peuple du livre et de la parole sacrée.

 

Sofer st’’am. C’est le nom d’une vocation bien plus qu’un métier. « Expert en calligraphie hébraïque dont la fonction est d’écrire des documents sacrés (ainsi que certains textes légaux comme le contrat de mariage ou le libelle de divorce) en suivant des règles précises, tant par rapport à la forme des lettres qu’aux outils d’écriture ». 

Voilà pour la définition officielle. Mais nous ne saurions nous contenter de si peu.

Sofer est le participe présent du verbe sâfar, qui signifie compter, puis dans ses dérivés raconter, énumérer, faire connaître, dire ». 

Sta »m est l’acronyme de sifrei (Torah), Tefillin et Mezouzot. En deux mots la tradition a réussi à intégrer la mission d’un homme qui courbé sur ses parchemins fournira à son peuple les principaux outils nécessaires à la transmission.

Selon Menahem Sebag, Sofer à Paris, les missions et les conditions de cette fonction implique d’être « pieux et conscient que le Sofer fait tenir le monde. Dans le Zohar il est écrit que D ieu a regardé la Thora avant de créer le monde, une allusion au fait que les lettres de la Thorah font vivre le monde. Cela implique d’être terriblement scrupuleux car omettre ou ajouter une lettre reviendrait à détruire le monde. »

Pour être à la hauteur de ces exigences immémoriales, il faut apprendre des milliers de règles complexes liées à la formation de chaque lettre. Un savoir précieux, qui comporte des spécificités propres à la tradition ashkénaze ou séfarade et qui se transmet de maître à élève. Plus qu’un savoir, il y a des secrets. Par exemple, saviez-vous que la lettre comporte un Youd et qu’elle ne peut être considérée comme un complet que si le Youd est tracé à partir d’un point précis ?

Avec sa plume d’oie ou de bambou, retaillée très régulièrement, et trempée dans une encre noire indélébile dont les secrets de fabrication sont bien gardés, le Sofer devra travailler en moyenne 1200 heures pour écrire un Sefer Thora, composé de 62 à 84 feuilles de parchemin, issues d’une peau de veau longuement préparée pour accueillir les 304 805 lettres sacrées qui composent les 5 livres.

« On ne fait pas le métier de sofer pour devenir riche » explique Menahem Sebag qui témoigne aussi de la qualité d’écoute dont il doit faire preuve. « Des gens nous racontent leurs épreuves, leur désespoir et nous disent espérer une vraie délivrance suite à la vérification de leur Mézouzot ou de leur Tephilin ».

S’il est prévu par la loi juive de faire vérifier ses Tephilin au bout d’un certain temps, et au moins tous les trois ans pour les Mézouzot, de nombreux rabbins conseillent en effet parfois de faire vérifier ces objets rituels dans le cas de difficultés particulièrement récurrentes. Une lettre effacée dans le mot Lev (cœur) du Shema Israël, (bouche) ou Ayin (yeux) pourrait parfois indiquer la source du problème rencontré par la personne, qui serait alors réparé par la correction de la lettre en question.

Si une partie du temps du Sofer est consacrée à l’écriture, une autre partie et non des moindres consiste en effet à réparer, vérifier et réécrire les divers parchemins de Mezouzot, Tephilin et Sefer Thorah. Une faute sur l’un d’eux leur ôtera toute caractère saint. Ils ne deviendront alors que de vulgaires supports d’un texte incomplet et donc impropre à véhiculer l’énergie divine.

Une lettre peut être mal tracée, elle peut aussi avoir été effacée par l’usure du temps, la transpiration ou la chaleur. Mais si les lettres ont évidemment leur importance, les espaces aussi. Les blancs entre les lettres doivent eux aussi répondre à ses critères précis, dont la signification tire sa source dans la mystique et l’ésotérisme juif. Mais comment ne pas y voir d’une manière très prosaïque l’immense poésie de la vie ? Le vide compte autant que le plein, car sans vide comment le plein pourrait-il exister ? 

A la question de savoir quelle serait la principale qualité d’un Sofer, Menahem Sebag répond « la crainte de D ieu. Habitée par la crainte de D ieu, un Sofer saura reconnaitre ses limites et demander de l’aide à des confrères plus compétents s’il a un doute ». À ce titre, il convient de souligner une pratique magnifique employée dans le métier : « on a l’habitude de soumettre à un jeune enfant en âge de distinguer les lettres de l’alphabet une lettre sur laquelle on aurait un doute. Sa vision pure et immédiate permet de savoir alors de quelle lettre il s’agit vraiment. Je fus l’un de ces enfants et c’est ainsi qu’est née ma vocation, au fond. »

Au milieu de sa carrière, le scribe souffrira probablement de la tendinite du scribe affectant son poignet tellement sollicité. Mais cet artiste artisan qui aura mis sa vie au service de la langue sacrée sera un homme heureux et accompli.

 

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