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Les rites de passage de l’enfant juif

On pense toujours à la Bar Mitzvah comme rite de passage pour les garcons, et la bat mitzvah pour les filles pour mettre en scène le passage de l'enfance à l'adolescence mais dès son jeune âge on propose à l'enfant par différents rituels de grandir et d'aller vers l'autonomie

Les rites de passage de l'enfant juif

Les rites de passage peuvent avoir de nombreux objectifs, notamment renforcer l’identité culturelle, inculquer des valeurs et des normes sociales, renforcer la cohésion sociale, aider les individus à surmonter les défis et les transitions de la vie et fournir des occasions de célébration et de commémoration.

 

Qu’appelle-t-on un « rite de passage » en sociologie ?

Un rite de passage est une cérémonie ou un ensemble de pratiques qui marquent symboliquement la transition d’un individu ou d’un groupe d’un statut social vers une nouvelle étape de vie, d’un monde à un autre. Les rites de passage ont lieu dans de nombreuses cultures et peuvent inclure des activités telles que des initiations, des rituels, des cérémonies religieuses, des danses et des chants, ou d’autres formes d’expression culturelle. Ils ont comme but principal d’assurer une union, une agrégation et non une exclusion.

En 1909, l’ethnologue A. Van Gennep publia l’un de ses ouvrages majeurs intitulé Les rites de passage, qui reste un ouvrage de référence sur le sujet aujourd’hui encore. Selon Van Gennep, ce qui constitue une constante anthropologique, c’est l’existence même des rites de passage. Pour qu’il y ait rite de passage, il faut qu’il y ait une cérémonie, c’est-à-dire un ensemble de comportements symboliques. Il faut aussi une reconnaissance des nouveaux statuts par la communauté. On distinguera un rite de passage au fait qu’il marque publiquement la transition d’un statut vers un nouveau statut. Les rites de passage sont source de métamorphose psychique, physique et, parfois, de transformation profonde de la personnalité.

Trois étapes essentielles

Selon A. Van Gennep, une cérémonie de passage obéit à un schéma constitué de trois séquences : « séparation, marge, agrégation ».

La phase de séparation marque la rupture avec le statut ou l’étape de vie précédente ; la phase de liminalité est une période de transition où l’individu se trouve dans un « entre-deux » ; et la phase d’agrégation est la réintégration dans la société avec un nouveau statut social ou un nouveau rôle.

Chacune de ces étapes est accompagnée d’un rituel qui implique que l’individu ait une part active. La cérémonie est un événement planifié, qui comprend des règles, y compris des règles de conduite, avec un contenu symbolique et une signification convenue par le groupe. Le rituel peut être fait par un individu ou un groupe, et généralement, l’individu se tient devant un public (Robin,1995). Ils partagent tous un objectif commun : marquer et transformer les jeunes êtres en adultes en permettant l’acquisition de compétences et de valeurs.

Les rites de passage religieux

Dans nos sociétés modernes, il n’y a de véritable séparation qu’entre le profane et le sacré. Pour passer de l’un à l’autre, il faudra mettre en place une cérémonie spéciale pour gommer l’incompatibilité de ces deux mondes. Ces rites permettent alors de donner un sens à la vie, à la mort, au monde. Dans toutes les cultures et à toutes les époques, le schéma fondamental des rites de passage — quels qu’ils soient — est celui de la renaissance : mourir à une situation pour renaître à une autre.

Dans le judaïsme, le rite de passage de l’enfance à l’adolescence est prévu pour les garçons à l’âge de treize ans, la « Bar Mitsva ». Or, d’après une recherche de l’anthropologue et psychologue israélien Yoram Bilu, ce n’est pas le seul, mais également pas le premier. Son étude a été réalisée dans un milieu orthodoxe en Israël et lui a permis de remarquer que, dès la naissance et jusqu’à l’entrée au Talmud Torah, le petit garçon passe par trois étapes qu’il considère comme un seul et long rite de passage.

La première se produit huit jours après la naissance, c’est la « Brit Mila » — la circoncision du nourrisson —, qui est une pratique religieuse découlant d’un commandement explicite de la Torah. Le but de cet acte et de cette cérémonie sont d’amener l’enfant dans l’alliance qui a été conclue entre Abraham et Dieu.

La seconde étape est la cérémonie de la première coupe de cheveux de l’enfant qui a lieu à l’âge de trois ans.

La troisième est l’entrée au Talmud Torah qui se fait par un rituel bien précis et hautement symbolique.

À chacune de ces différentes étapes, l’enfant quitte l’espace féminin, celui de sa mère nourricière et rassurante, et va entrer dans le monde des hommes qui vont désormais le guider et l’accompagner. Pour cette raison, la forte présence masculine dans ces cérémonies est nécessaire.

Pour la Brit mila, le bébé passe des bras de la mère à ceux du père, puis du « sandak » — le parrain —, pour ensuite retrouver sa maman.

À trois ans, l’enfant se fait couper les cheveux, qui ont eu le temps de bien pousser. Son genre féminin/masculin pouvant être trompeur pour son environnement, cet acte vient lui retirer toute ressemblance avec le monde féminin. On lui offre alors sa première « Kippa » et son premier « Tsitsit katan ». Dans les communautés orthodoxes, pendant cette cérémonie, seuls les hommes sont présents. Ils jouent un rôle majeur d’accompagnement ; ils vont chanter et danser avec l’enfant. Ainsi le petit garçon apprendra les valeurs de son groupe et des nouvelles normes de vie.

L’autre moment essentiel est la scolarisation de l’enfant au Talmud Torah. L’initiation de l’enfant avec l’alphabet hébraïque a lieu dans une classe d’école. Son futur maître lui présente les lettres de l’alphabet sous forme de feuille plastifiée sur laquelle il versera du miel que l’enfant devra lécher en présence de son père, symbole d’une acquisition douce et agréable de la lecture et l’écriture. Il est important de souligner que l’enfant est accompagné par son père : une fois de plus, il est plongé à nouveau dans un monde masculin duquel les femmes sont absentes.

Le chercheur Bilu remarque que dans ces trois pratiques, l’initiation se fait par des pratiques sur le corps. La Brit mila est faite sur un organe caché, elle cause certainement de la douleur. En revanche, la cérémonie de la coupe de cheveux implique l’ablation d’une partie du corps, cette fois visible, que l’on peut toucher, mais non douloureuse et qui n’est pas irréversible puisque les cheveux repoussent. Il n’y a pas de douleur physique mais elle peut être émotionnelle.

C’est ainsi que l’enfant quitte, de façon échelonnée, les bras et la protection de sa mère, depuis son plus jeune âge, pour pénétrer dans le monde des hommes. La Hassidout nous explique que l’enfant, jusqu’à ses trois ans, est dépendant : il a besoin de recevoir de l’aide des adultes qui l’entourent pour survivre. Or, à partir de ses trois ans, il développe la capacité de donner. Il n’est plus seulement un receveur. À treize ans, l’âge de la Bar Mitsva, l’enfant atteint une nouvelle étape de sa vie : il a cette fois la possibilité de donner la vie.

Pour conclure, lorsqu’on observe bien le fonctionnement des groupes humains, on s’aperçoit qu’un certain nombre de rituels, qui sont souvent des initiations, existent. Le peuple juif, grâce aux mitsvot — les commandements de la Torah — n’échappe pas à la règle et le chemin de vie de l’enfant, puis de l’adolescent jusqu’à l’âge adulte est jalonné d’étapes et de rites fondamentaux dans sa construction physique et psychique.

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