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La musique n’adoucit pas la haine

Richard Wagner (1813-1883), l’un des plus éminents compositeurs d’opéras du XIXe siècle, était connu pour sa vie tumultueuse. Tour à tour, il se montrait révolutionnaire sans le sou, fugitif traqué par les autorités, confident intime du roi Louis II de Bavière, critique musical et intellectuel obsédé par l’antisémitisme de son époque. Il endossait une multitude de rôles, chacun plus extrême que le précédent.
La musique n’adoucit pas la haine

En 1865, avec la création de Tristan et Isolde, Wagner a jeté les bases des avancées majeures qui allaient marquer la musique du XXe siècle. Il a donné naissance à l’idée de « l’œuvre d’art totale », un concept qui repose sur l’intégration harmonieuse de la poésie, de la musique, de la danse — éléments traditionnels de l’opéra —, mais aussi de l’architecture et de la poésie. Il a conçu le Festival de Bayreuth dans le but de faire jouer ses œuvres. Il convient de noter que ce compositeur allemand était non seulement responsable de la musique de ses opéras mais également de la rédaction de leurs livrets.

Son ami Liszt eut une influence particulière sur lui, bien que Wagner ait toujours refusé de le reconnaître publiquement. En juin et août 1859, après les premières auditions du prélude de Tristan et Isolde, le musicologue Richard Pohl a directement attribué à Liszt la substance harmonique de l’œuvre.

Hans van Bülow, quant à lui, a présenté à Wagner sa future femme, Cosima, fille de Franz Liszt. Elle a eu deux enfants avec Wagner. Cette relation a provoqué le mécontentement de  Liszt, qui a coupé les ponts avec le couple en 1870, bien qu’il ait tout pardonné en 1882 à l’occasion de la première de Parsifal à Bayreuth. Cependant, l’antisémitisme virulent de Cosima, exprimé notamment dans son journal, est moins facilement pardonné.

En tant qu’essayiste, Wagner a rédigé plusieurs essais, dont Le judaïsme dans la musique, qui étaient ouvertement antisémites. Il y soutenait que les compositeurs juifs, en particulier Meyerbeer, ne peuvent qu’imiter la culture des pays où ils sont et constituent un danger pour la culture nationale. L’historien et musicologue Jean-Jacques Nattiez a montré que cet antisémitisme était également présent, voire indissociable de la musique de Wagner. Le compositeur a imité et parodié des chants juifs populaires, ainsi que des chants de synagogue, en les associant souvent aux personnages malveillants de ses opéras, tels que Mime et Alberich dans L’Anneau du Nibelung ou Beckmesser dans Les Maîtres chanteurs  de Nuremberg.

Bien que Wagner soit décédé bien avant l’avènement d’Hitler et la Shoah, il existe clairement un lien entre les deux. Cette association est renforcée par la déclaration du leader nazi selon laquelle « quiconque désire comprendre le national-socialisme doit d’abord connaître Wagner ». Wagner a été facilement récupéré par les nazis, au point que Thomas Mann a déclaré qu’il y avait ‘’beaucoup d’Hitler’’ en lui.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas de loi en Israël interdisant la diffusion de la musique de Wagner à la radio ou à la télévision. Toutefois, la radio et la télévision nationales n’en diffusent pas et son interprétation en public reste délicate. Daniel Barenboïm, le célèbre chef d’orchestre, a partiellement brisé ce tabou en 2001 lorsqu’il a été invité à Jérusalem avec la Staatskapelle de Berlin. Il a proposé à l’auditoire d’écouter la musique de Wagner tout en laissant la liberté à ceux qui le souhaitaient de quitter la salle. Le scandale a éclaté le lendemain, largement médiatisé. Tout chef d’orchestre réfléchira à deux fois avant de renouveler une telle expérience.



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