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Le plateau du Golan : un joyau historique au coeur de la géopolitique d’Israël

Axe stratégique majeur, ce promontoire au relief accidenté ne cesse depuis des décennies d'entretenir la discorde entre Jérusalem et Damas. Retour sur une légitimité controversée
Le plateau du Golan : un joyau historique au coeur de la géopolitique d'Israël

Délimité par le mont Hermon au nord et par la vallée encaissée du Yarmouk au sud, le plateau du Golan surplombe la vallée du Jourdain et la Galilée à l’ouest, la Syrie à l’est. Parsemé de cratères volcaniques, son sol offre une terre basaltique propice à la viticulture, l’un des fleurons de l’État hébreu moderne, avec des domaines vinicoles aujourd’hui célébrés par les sommeliers du monde entier.

De l’Antiquité biblique à la conquête musulmane, une terre résolument juive

Attribué à Manassé (Dt 4,43 et Jos 20,8) lors de la répartition de la Terre sainte entre les descendants du patriarche Jacob, le Golan est rapidement rattaché au territoire des Lévites (Jos 21,27). Gamla est une des villes juives parmi les plus importantes du district Nord lors de la première guerre judéo-romaine qui se déroule entre 66 et 73 de l’ère commune. Sa forteresse constitue d’ailleurs pour les Romains un point nodal de la résistance juive, selon l’historien Flavius Josèphe, qui relate, dans sa Guerre des Juifs, le suicide de la population locale au cours du siège mené par l’occupant. Une présence juive perdure encore au centre du plateau, à Qatzrin (l’actuelle capitale de la région), même sous la domination des Byzantins chrétiens au début du Moyen-Âge. 

 

Une terre islamisée par l’occupant arabe, puis turc 

Peuplée de Bédouins nomades, la région sert à l’époque médiévale de point de passage aux Juifs de Terre sainte qui se rendent en Irak, où vit désormais l’élite de la Diaspora, en exil depuis les déportations assyro-babyloniennes de l’époque biblique. 

Déserté sous les Ottomans (1517-1918), en raison de son relief accidenté et de plusieurs séismes qui ont marqué les esprits, le plateau du Golan accueille au XIXe siècle des Druzes (des musulmans hétérodoxes du Proche-Orient) et des Circassiens (des musulmans originaires du Caucase)[1]Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les sultans ottomans ont installé en Syrie-Palestine des Circassiens, réputés pour leurs valeurs morales et leurs capacités guerrières, pour veiller à … Continue reading, à l’heure où des associations sionistes envisagent l’achat des terres aux populations autochtones. Nomades par tradition, les Bédouins, qui arpentent le plateau, vendent en 1885 de menues parcelles à des migrants juifs en quête de terre. Base-arrière du Vieux Yishouv, les villages de Ramthaniye (au nord) et de Bir a-Shagum (au sud) permettent, grâce à leurs localisations, l’acquisition ultérieure de nouveaux terrains pour les nombreux candidats à l’alyah, notamment ceux fuyant les pogroms de la Russie des tsars. C’est chose faite à la fin du 19ᵉ siècle, grâce à l’entremise du baron Edmond de Rothschild, qui achète – au profit d’organisations sionistes – 150 km² de terres supplémentaires. 

 

Un découpage qui ne respecte pas le droit des peuples

Dans les années 1920, l’Empire ottoman est démembré lors des conférences de paix. Les nouvelles frontières tracées par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale sèment rapidement la discorde entre les populations de la région. Si le plateau du Golan est rattaché en 1923 au mandat français sur la Syrie, conformément aux résolutions de la Société des Nations, le lac de Tibériade, à cheval entre la Palestine et la Syrie, est quant à lui placé sous administration britannique. Dès lors, les Juifs du Golan, accusés d’être des occupants illégitimes, vont vivre un véritable supplice, avec pour point culminant la déclaration d’indépendance de la République arabe syrienne en 1946, qui contraint les derniers résidents juifs à abandonner leurs terres agricoles l’année suivante. 

 

Une position stratégique convoitée

De 1948 à 1967, la Syrie pratique une politique de harcèlement depuis les hauteurs du Golan en attaquant – avec l’avantage du relief – les paysans israéliens installés dans la vallée du Jourdain. La position dominante qu’offre le Golan – dont le sommet atteint les 2000 mètres d’altitude – permet aux agents de renseignement d’Amin al-Hafez (1963-1966) d’espionner les mouvements de Tsahal en direction de la Syrie et du Liban, la chasse-gardée de Damas. Un coup d’épée intolérable est asséné au gouvernement de Levi Eshkol (1963-1969), lorsque les eaux du Jourdain sont détournées par la Syrie, privant les agriculteurs d’Israël d’une part importante des ressources aquifères que leur avaient garanti les États-Unis au milieu des années 1950 via le plan Johnston. Profitant de ce contexte de tensions croissantes entre la Syrie, la Jordanie et Israël, les Fedayin palestiniens de Yasser Arafat mènent, à partir de 1965, des raids sur la Galilée depuis les pentes escarpées et clairsemées de cavités du Golan.

 

Reconquête et annexion par Israël 

La prise du Golan dans le contexte de la guerre des Six Jours en juin 1967 constitue un avantage stratégique inespéré, la vue depuis ses hauteurs permettant d’observer la Syrie jusqu’à Damas. À cette époque, les Bédouins sont déjà minoritaires. Sur place, on trouve un agglomérat de populations d’origines disparates, le plus souvent étrangères. Des « réfugiés palestiniens », des Druzes levantins, des Turkmènes d’Asie centrale et des Circassiens du Caucase. Ceux qui ne fuient pas la zone de combat ou n’abandonnent pas leurs terres à la demande des autorités syriennes sont en partie autorisés à revenir après la victoire d’Israël. Si une centaine de milliers de civils partent de gré ou de force avant la fin de l’année pour s’établir dans la Syrie voisine – désormais amputée de son plus haut sommet – 30 000 Druzes décident, quant à eux, de rester. Des unités militaires sont rapidement déployées pour établir des avant-postes destinés à protéger la position stratégique. Dans la foulée, se développent des kibboutzim (villages collectivistes) et des moshavim (communautés agricoles collaboratives) avec le souhait de pérenniser la présence juive dans cette région acquise de haute lutte. 

Théâtre de violents combats pendant la guerre de Kippour à l’automne 1973, le plateau du Golan sera finalement annexé par Israël en 1981 sous l’administration de Menahem Begin, en dépit des condamnations internationales. Depuis lors, toutes les tentatives de négociation en vue d’un retrait du plateau du Golan ont échoué et, en 2009, Benjamin Netanyahou s’est engagé à rendre impossible une telle éventualité, en raison de l’intérêt stratégique et sécuritaire  qu’offre cette zone de montagne, où la culture vinicole explose et où les Israéliens skient !

Contrairement à la Judée-Samarie, où se situe notamment le Tombeau des Patriarches (Hébron), le Golan – où la présence juive est ancienne et pérenne – ne revêt pas de dimension religieuse majeure pour les Israéliens. L’argument qui préside à sa conservation est résolument d’ordre sécuritaire. Atout stratégique, l’État hébreu y dispose à l’extrême nord, au sommet du mont Hermon, d’une station d’écoute et de forts, depuis lesquels le déploiement de Tsahal est facilité en cas de conflit avec la Syrie. Mais l’argument militaire n’est pas le seul. Derrière la maîtrise du plateau du Golan, c’est aussi celle des ressources aquifères de la région – rares et convoitées – qui entre en jeu. Même si Israël (60 % désertique) produit désormais une large partie de son eau potable par désalinisation, la mainmise sur les sources d’eau douce reste déterminante pour sa survie et son développement.



Références

Références
1Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les sultans ottomans ont installé en Syrie-Palestine des Circassiens, réputés pour leurs valeurs morales et leurs capacités guerrières, pour veiller à leurs intérêts et maintenir l’ordre.

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