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Le combat héroïque de Suzanne Spaak pour sauver les enfants juifs de la barbarie nazie

Nous ne parlerons jamais assez de ces femmes et de ces hommes exceptionnels qui ont pris des risques et ont donné leurs vies pour sauver des Juifs des griffes de la barbarie.
Ces justes qui se sont levés pour Israël - Suzanne Spaak

Elle avait tout pour être heureuse….

Fille aînée d’un célèbre banquier belge Louis Lorge et de Jeanne Bourson, Suzanne Spaak fut élevée dans une famille de la haute bourgeoisie catholique belge. Elle épousa, en 1925, Claude Spaak, écrivain et dramaturge, frère de l’homme politique belge Paul-Henri Spaak. Ils eurent deux beaux enfants et une vie confortable. La famille déménage en France, en 1936. Suzanne est soucieuse, elle sent que l’avenir s’assombrit avec la montée du nazisme et veut aider des réfugiés juifs allemands après le pogrom nazi du 9 novembre 1938. Elle est liée à Miriam Sokol de Vilnius, qu’elle a connue à Bruxelles. Miriam et son époux Harry Sokol se réfugient aussi en France en 1938. En 1940, Paris est alors occupée par les nazis. Cette situation est insupportable pour Suzanne Spaak, et un matin de 1942, elle sort de chez elle sans rien dire à ses proches et va rejoindre la Résistance. Elle choisit un mouvement du nom de Mouvement national contre le racisme (MNCR).

Qu’est-ce qui la pousse à sortir de son confort familial pour se mettre en danger ? 

C’est la question que l’on peut se poser pour chaque destin de ces Justes des Nations qui un jour ont décidé de mettre leurs vies en péril pour sauver des Juifs. Dans un article publié en 1945 à sa mémoire, dans le journal yiddish New Press, un membre de la résistance écrira que ses collègues et lui avaient douté des capacités de leur nouvelle recrue et qu’ils l’avaient sous-estimée. Il raconte qu’avec beaucoup de simplicité, mais une totale sincérité, elle leur déclara à son arrivée dans le mouvement : « Dites-moi ce que je dois faire, et je le ferais pour me sentir utile dans la lutte contre le nazisme ». Elle devint très vite une des dirigeantes du mouvement.

À partir de ce moment précis, Suzanne Spaak oublie ce qui faisait de sa vie un long fleuve tranquille et n’a eu de cesse que d’aider des Juifs en danger. Elle sillonne Paris de long en large. Elle met son carnet d’adresse à profit en frappant aux portes des ecclésiastiques, des magistrats et des écrivains qu’elle connaît, leur rappelant leur devoir d’agir contre la persécution des Juifs. Les autres membres du groupe diront d’elle plus tard qu’elle était une idéaliste qui avait mis de côté sa situation personnelle et sa sécurité pour se battre pour une cause en laquelle elle croyait de toute son âme. 

Suzanne Spaak est alors affectée au célèbre réseau de renseignements « Orchestre rouge ». Ce réseau, qui a été créé par Léopold Trepper, un communiste juif polonais, et qui faisait passer des informations aux Soviétiques.
Suzanne Spaak fait preuve alors de beaucoup d’audace et de détermination dans sa mission. Étant elle-même mère de deux enfants, Spaak est bouleversée par le drame vécu par les enfants juifs. Elle réalise alors que le but de sa vie est de sauver ces enfants, craignant pour eux la déportation et la mort.

suzanne spaak

Le début de la fin

Au début de l’année 1943, des renseignements font surface, révélant des préparatifs en cours en vue de la déportation des enfants juifs du centre de l’UGIF, orphelinat du 16 de la rue Lamarck. Suzanne Spaak participe à une opération initiée par le pasteur Paul Vergara et Marcelle Guillemot pour conduire clandestinement plus de soixante enfants en lieu sûr. Elle cherche des fonds activement et abrite certains des enfants chez elle jusqu’à ce qu’ils soient tous placés chez des personnes de confiance. En prenant de grands risques pour elle-même, Spaak procure aux enfants des vêtements et des cartes de rationnement.

Quelques semaines plus tard, les Allemands obtinrent son nom lors de la chute du noyau de résistants de Bruxelles. En 1943, Léopold Trepper qui dirige l’Orchestre Rouge est arrêté. Suzanne, qui l’a aidé à se cacher, est menacée. Elle se réfugie avec ses enfants en Belgique. Le 9 novembre 1943, Suzanne est arrêtée en Belgique, transférée à Fresnes. Elle a été torturée par Heinz Pannwitz SS-Hauptsturmführer surnommé le « bourreau de Prague ».

À 38 ans, Suzanne Spaak est condamnée à mort en janvier 1944 par un tribunal militaire. Il la fait exécuter dans sa cellule, le 12 août 1944, treize jours avant la libération de Paris. Avant son arrestation, elle a eu la présence d’esprit de remettre la liste des enfants juifs et leurs adresses à un camarade de la Résistance, les sauvant ainsi. Elle fut une des rares femmes fusillées en France, les nazis préférant déporter les résistantes et les exécuter en Allemagne. Mais ils firent des exceptions.

La famille Spaak étant très proche du célèbre artiste Magritte, ils avaient pour habitude de lui commander des portraits des membres de la famille. Aujourd’hui, on peut admirer au musée de la place Royale de Bruxelles, le portrait de Suzanne Spaak, peint en 1936 par Magritte, qui la représente comme dans une page d’un livre face aux nuages, avec, devant elle, posé sur un tissu rouge, un œuf. Le très émouvant portrait de Suzanne Spaak, vient rappeler aujourd’hui l’engagement et le courage de cette grande dame qui a sauvé des Juifs de la mort. 

À l’heure de la montée à nouveau de l’antisémitisme dans le monde, il est bon de se rappeler ces âmes exceptionnelles qui, au péril de leur vie, ont permis de sauver des enfants d’Israël.

Le 21 avril 1985, Yad Vashem a décerné à Suzanne Spaak le titre de Juste des Nations. 

la vie heroique de Suzanne Spaak

Anne NELSON, La vie héroïque de Suzanne Spaak, Paris 1940-1944, l’audace d’une femme face à la barbarie, Robert Laffont, 2018

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