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La Saga des Guggenheim

La dynastie des Guggenheim brille dans le monde de l'art et incarne aussi, une forme de « rêve américain ». Pourtant, qui aurait pu prédire que les descendants de Simon, petit tailleur juif, connaîtraient une telle destinée ? 
La Saga des Guggenheim

Tour d’horizon des principales figures de jeu de la famille Guggenheim.

Dans la famille Guggenheim, je voudrais… le grand-père : Simon

Le 16 juillet 1792, naît à Lengnau, en Suisse, Simon Meyer Guggenheim. Sa famille, juive ashkénaze, a vécu à Stühlingen et, avant cela, dans le quartier de juif de Francfort, en Allemagne. Dès 1622, les Juifs ont été expulsés de Suisse et les villages de Lengnau et Endingen étaient les seuls endroits où ils avaient encore le droit de résider  moyennant finances, évidemment. Le petit Simon a 10 ans quand « la guerre des Pruneaux », menée pour chasser la communauté juive, éclate dans son village. Quelques années plus tard, il est tailleur et se marie avec Charlotte, une jeune femme fragile, avec qui il aura six enfants, dont un seul garçon, qu’il prénomme comme lui, mais qu’on appellera simplement Meyer. 

 

Dans la famille Guggenheim, je voudrais… le père : Meyer

Le petit Meyer a la vie dure. En 1836, il accompagne sa mère à l’hôpital, pour fatigue nerveuse ou « dérangée de la tête », comme inscrit sur le registre. Elle décède deux ans plus tard et ses enfants sont dispersés dans des familles d’accueil. Meyer travaille avec son père dans le colportage. À 19 ans, ils décident de partir pour Philadelphie, aux États-Unis et continuent là-bas la vente ambulante, proposant aux ménagères des dentelles et une crème « magique ». Ils commencent à vivre plus confortablement. 

Meyer a une revanche à prendre : séparé de ses sœurs très jeune, il veut créer une vraie famille. Il épouse Barbara, originaire de son village, et importe la broderie de Saint Gall, produite en Suisse par son beau-frère. Le succès est immédiat. Meyer et Barbara auront 11 enfants, 11 garçons. En 1881, la firme Guggenheim est fondée et l’aîné, Isaac, ouvre un bureau à New York. 

Meyer laisse à ses fils la gestion de l’entreprise. Lui fait fructifier son argent : il achète des parts dans une ligne de chemin de fer, qu’il revendra avec une grosse plus-value, rachète deux mines noyées, qu’il assèche avant d’en extraire de l’argent si pur qu’il peut être frappé sans passer par une fonderie ! Il investit dans des mines en Afrique, en Alaska, au Mexique ou au Chili. Avant la ruée vers l’art, c’est la ruée vers l’or ! Il meurt le 15 mars 1905 à Palm Beach, cinq ans après sa femme. Le nom de Guggenheim est désormais mondialement connu. 

 

Dans la famille Guggenheim, je voudrais… le fils : Solomon

Connu, oui. Mais les Guggenheim jouissent alors d’une réputation de « capitalistes » redoutables. En 1918, le magazine Forbes place la famille au 2ᵉ rang des plus grandes fortunes américaines : elle détient près de 80 % des réserves mondiales de cuivre, de fer et d’argent.

Solomon est né à Philadelphie en 1861. Suivant les traces de son père, il a fondé la Yukon Gold Company en Alaska, avant de se retirer des affaires, en 1919, pour se lancer dans sa passion : collectionneur d’art non figuratif – il y tient ! – et mécène. En 1937, il crée la fondation qui porte son nom. Il donnera son nom au fameux musée de New York, conçu par Frank Lloyd Wright en 1955, puis à celui de Bilbao, en 1997.

En 1895, Solomon a épousé Irène Rothschild, active défenseuse de la protection de l’enfance à New York et collectionneuse d’art, elle aussi. De son mariage naîtront trois filles : Eleanor, Gertrude et Barbara.

Dans la famille Guggenheim, je voudrais… la petite-nièce : Peggy

Solomon a un frère, plus jeune, Benjamin, né quatre ans après lui.. En 1894, il a épousé Floretta Seligman, fille d’un célèbre banquier new-yorkais, avec laquelle il a trois filles : Benita, Marguerite, dite Peggy et Hazel. En avril 1912, Benjamin embarque à bord du Titanic. Sa fortune fait de lui l’un des passagers les plus riches du paquebot. Quand il fait naufrage, Benjamin choisit de mourir en gentleman avec son valet, Victor Giglio. Peggy, âgée de 14 ans, ne se remettra jamais de sa disparition. À 22 ans, elle s’installe à Paris, la ville qu’il aimait tant.

Férue d’art, ayant hérité de son grand-père, Peggy a l’œil – pour ne pas dire le nez, car elle a subi une rhinoplastie ratée qui la marquera à vie  – pour découvrir les talents. Sa fréquentation des peintres à Montparnasse lui tient lieu d’école des beaux-arts. Dans ce noyau surréaliste, elle noue des amitiés fortes avec des artistes d’avant-garde et prend conscience qu’elle peut mettre son argent au service de l’art. En 1938, elle crée la galerie « Guggenheim Jeune », à Londres. Boulimique d’art, elle achète une œuvre par jour à ceux qui deviendront les plus grands noms de la peinture : Klee, Kandinsky, Chagall, Picasso, Ernst, Chagall, Miro, Dali… Souvent à bas prix, car ces jeunes artistes sont plus que fauchés, et presque tous juifs ! L’art donne un sens à sa vie, en août 1939, Peggy revient en France. Au début de la guerre, malgré ses origines, elle soutient financièrement les artistes émergents et achète par centaines leurs œuvres considérées comme dégénérées et interdites par les Allemands. Quand elle se résout à quitter la France, pour protéger sa collection, elle  propose au Louvre de la conserver qui la juge trop moderne et la refuse ! C’est près de Vichy, dans un château loué par une amie, qu’une partie de sa collection sera entreposée dans une grange, sous des bottes de foin, tandis que l’autre est envoyée clandestinement à New York. 

Usant du prestige de son nom et de ses relations, Peggy sauve un grand nombre d’artistes juifs pour lesquels elle obtient de faux papiers et finance leur passage en Amérique : André Breton et sa famille, Max Ernst, le docteur Mabille, le médecin des surréalistes et Victor Brauner profiteront, avec de nombreux autres, de l’aide de Peggy, qui œuvre avec Varian Fry, un journaliste américain et Juste – méconnu – des Nations. Étant elle-même juive, elle suit le conseil de Max Ernst et retourne aux États-Unis, en 1942. 

Dès 1945, grâce à Claude Lévi-Strauss, attaché culturel français, elle obtient un visa. Elle ferme définitivement les portes de sa galerie new-yorkaise et débarque à Venise, invitée à présenter sa collection à la Biennale. Trois ans plus tard, elle achète le fameux « palais inachevé », Venier Dei Leoni, au bord du Grand Canal. L’installation de sa collection est perturbée par les douanes, mais, en 1952, le musée Peggy Guggenheim ouvre ses portes. Peggy s’y établit définitivement jusqu’à sa mort, le 23 décembre 1979. 

 

Grand-père, père, fils – au pluriel – nièce : les Guggenheim, descendants d’un simple tailleur exilé dans un village suisse, ont marqué l’histoire de l’Art et l’Histoire tout court à tout jamais. Leur nom s’inscrit aujourd’hui sur les façades des musées du monde entier. Ils se sont illustrés par leur solidarité avec leurs frères durant les périodes les plus sombres de notre histoire. Ils ont su rester fidèles dans la détresse. Ils n’ont pas abandonné leurs frères….

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