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27 janvier 1945, Auschwitz…ordre est donné de tout faire disparaitre

La date du 27 janvier, jour de la libération d'Auschwitz en 1945, est aujourd'hui la journée internationale de commémoration de la Shoah. Ordres avaient été donnés de faire disparaitre les traces des crimes perpétrés, de liquider les témoins des crématoires et de supprimer les infirmes qui ne pouvaient entamer les "marches de la mort". Mais l'avance fulgurante de l'Armée Rouge est venue enrayer le bon déroulement de l'ordre souhaité par les Nazis et c'est dans la panique que les Nazis durent quitter les lieux laissant derrière eux les traces de leurs méfaits. Cet article vient rappeler le départ précipité des perpétrateurs et le témoignage des premiers libérateurs.
27 janvier 1945, Auschwitz...ordre est donné de tout faire disparaitre

La reddition de l’armée allemande à Stalingrad en février 1943 a été un tournant décisif dans la 2ème guerre mondiale. Dès lors, la débâcle allemande sur le front Est n’était qu’une question de temps. Alors, pour Hitler, il fallait en finir au plus vite avec les Juifs d’Europe et le seul camp qui continuait à tourner à grande capacité était Auschwitz, ou plutôt Birkenau. Là se trouvaient les quatre énormes chambres à gaz et fours crématoires adjacents. Des prisonniers juifs étaient choisis pour y travailler : c’étaient les SK (Sonderkommandos). Ces Juifs étaient nécessaires aux Nazis dans leur industrie de mort, mais le secret devait être gardé. Aussi Himmler avait ordonné d’éliminer régulièrement ces SK et de les remplacer par de nouveaux arrivés. 

À partir de fin avril 1944, les Nazis furent occupés à la liquidation des Juifs hongrois qui se déroula à un rythme effréné avec les ‘transports’ qui arrivaient sans relâche. Pour accélérer le processus, les Nazis avaient aussi fait construire une voie ferroviaire et une nouvelle rampe au sein même de Birkenau, où l’arrivée des Juifs, leur sélection par les médecins nazis, les scènes déchirantes de séparation des familles et leur marche vers les crématoires se déroulaient sous les  yeux de tous les prisonniers du camp. Ils augmentèrent aussi le nombre des SK à 900 environ, et les affectèrent aux quatre crématoires qui fonctionnaient jour et nuit, et aux énormes bûchers cachés en forêt où tout le surplus de Juifs devait être éliminé. 

Après les Juifs hongrois, le flot des transports commença à ralentir vers juin 1944. Les 900 SK pensaient à juste titre que leur tour allait arriver, vu que les Nazis n’avaient plus besoin de garder autant d’entre eux. Aussi, un plan d’évasion fut pensé en collaboration avec la résistance secrète des prisonniers polonais d’Auschwitz. Des armes et munitions furent accumulées au cours des semaines qui suivirent, grâce aux femmes de l’usine de munitions et du camp ‘Kanada’ de tri des possessions de victimes. 

Mais les plans d’extermination de masse furent précipités au sein de Birkenau devant l’avancée soviétique. En juillet, le camp BIIb des familles du ghetto-modèle de Theresienstadt fut liquidé. Puis en août, ce fut le tour du BIIe, camp des familles de gitans, et du BIIc, camp des femmes où 50 camions transportèrent quelques 4000 d’entre elles aux crématoires. Ces liquidations se déroulèrent avec violence car, à l’inverse des Juifs nouvellement arrivés à Birkenau, ces prisonniers de Birkenau avaient suffisamment vécu sur place pour savoir ce qui les attendait. Ensuite, ce furent les Juifs du dernier ghetto en Pologne, celui de Lodz, ainsi que ceux de camps situés plus à l’est notamment celui de Płaszów près de Cracovie (rendu célèbre par le film « La liste de Schindler »). Autre situation inquiétante pour les prisonniers : les Nazis qui avaient dès avril 1944 interrompu l’extension du camp dans la zone BIII, dit Mexico, décidèrent de liquider les femmes hongroises qui s’y trouvaient parquées dans des conditions inhumaines depuis le printemps, sans eau et sans vivres suffisantes, et presque sans vêtement. Ces moribondes n’auraient pas survécu l’hiver dans de telles conditions. 

Alors, à l’automne 1944, après ces dernières liquidations, les membres du SK savaient que leur temps était venu. De plus, plusieurs groupes de prisonniers valides, hommes et femmes, étaient déjà envoyés par transports vers d’autres camps de travaux forcés en Allemagne. Par départ ou par liquidation, le camp de Birkenau se vidait au fur et à mesure. Mais, avec l’avance de l’Armée Rouge et les avions alliés qui passaient au-dessus d’Auschwitz pour bombarder le site industriel d’I.G. Farben à Monowitz, la résistance polonaise à Auschwitz ne voulait plus prendre le risque d’une évasion massive : ils préférèrent temporiser et attendre la libération. Mais les membres du SK, eux, se savaient condamnés. Pour le 4 octobre, jour de Kippour, les Nazis avaient prévu un jour de relâche pour les membres du SK. Aussi les Juifs avaient préparé livres de Torah, livres de prières, et prévoyaient de prier comme leur dernier Kippour. Yaacov Gabbay, un Juif grec membre du SK, raconta : 

Chacun priait et faisait ce qu’il fallait faire et, le lendemain, mardi, à cinq heures du matin, le jour de Kippour, ils ont amené un convoi de 2500 Juifs. C’était leur cadeau pour Kippour. Je me souviens encore très bien de cela, et j’ai dit à mes camarades : « Regardez ça, quel cadeau ils nous font ces chiens.[1]https://www.cairn.info/publications-de-Yakov-Gabbay–712814.htm » 

Les membres du SK se révoltèrent trois jours après, le 7 octobre, lorsque les Nazis vinrent en force pour éliminer 300 d’entre eux. Leur fuite de Birkenau réussit en partie mais les évadés furent vite rattrapés et éliminés. Quelques SS furent aussi tués lors de la révolte et l’un d’entre eux fut jeté vivant dans un four du crématoire II. Après cet événement retentissant, les Nazis ne conservèrent qu’environ 200 membres du SK, pour continuer le gazage et la crémation de détenus, notamment les dits « musulmans » c’est-à-dire ceux à qui ne restait que la peau sur les os, et qui ne pouvaient plus travailler. 

Puis, vers le 17 novembre, Himmler ordonna de stopper le gazage ! Car le temps pressait : le 23 juillet l’Armée Rouge avait déjà libéré la ville de Lublin à l’est et continuait sa percée vers l’ouest avec ses 225 divisions d’infanterie réparties du nord au sud de la Pologne. Mais l’année 1944 restera marquée comme celle de l’extermination la plus frénétique. Car, en six mois jusqu’en novembre 1944, près de 600.000 Juifs furent gazés et brûlés à Birkenau, ce qui correspond à plus de la moitié du nombre total des personnes assassinées dans ce camp pendant tout le temps de son opération.

Pour les Nazis, il fallait alors effacer toute trace de la Solution Finale, notamment démanteler les chambres à gaz, puis éliminer les membres du SK, témoins des crimes commis, quand leur travail serait accompli. Pour réduire leur nombre au strict nécessaire, un premier groupe du SK fut ‘sélectionné’ le 26 novembre et exécuté (au lance-flamme). Seul le crématoire V, caché à l’arrière de Birkenau derrière un petit bois, continuait de fonctionner pour brûler les corps de détenus décédés et de condamnés à mort. Cette tâche occupait une trentaine de membres du SK. Les autres furent affectés au démontage des installations sensibles. 

En début janvier 1945, il ne restait qu’une centaine de membres du SK pour qui la seule ‘libération’ semblait passer par la cheminée du crématoire V. Mais quelques milliers de détenus furent assemblés à l’entrée de Birkenau pour débuter cette ‘marche de la mort’ car c’est à pied qu’ils allaient devoir se rendre vers d’autres camps en Allemagne par un froid glacial en-dessous de 20 C. Ce fut l’instant opportun pour les membres du SK de se mêler à cette foule confuse car leurs geôliers étaient eux aussi pressés de quitter les lieux avant l’arrivée des Russes. Au total près de 60.000 détenus entamèrent cette marche le 18 janvier. Environ 25% d’entre eux ne purent garder le rythme et furent liquidés en chemin par les SS.

Pendant ce temps, à Auschwitz et Birkenau, une dernière équipe SS se chargea de faire exploser les bâtiments des crématoires le 20 janvier. Ordre leur avait aussi été donné de liquider tous les détenus restés sur place car malades ou épuisés. Ils exécutèrent cet ordre sur un millier de personnes environ et les incinérèrent eux-mêmes jusqu’au 26 janvier dans le crématoire V encore intact. Lorsque l’arrivée des Russes devint imminente, ils firent sauter ce dernier crématoire et quittèrent les lieux précipitamment en laissant derrière eux quelques 7000 détenus restants dont 400 enfants de moins de 15 ans. 

En début d’après-midi du 27 janvier, la date retenue comme commémoration internationale de la Shoah, un soldat russe juif nommé David Dushman conduisit son tank T-34 sur la clôture du camp de Birkenau. Ses yeux stupéfiés virent des prisonniers en haillons, émaciés, affamés. Le dernier survivant des libérateurs russes est Ivan Martynushkin qui vient de fêter ses 100 ans le 18 janvier 2024. Il a ainsi témoigné d’Auschwitz-Birkenau : C’était gigantesque. Cela s’étendait sur des kilomètres. Dès que nous sommes arrivés à la clôture, nous avons commencé à voir des groupes de personnes qui étaient venus vers nous, avec des vêtements rayés de prisonniers, et certains avec d’autres vêtements par-dessus. […] Il s’agissait de gens usés, épuisés.  Environ 220 des survivants sont morts après leur libération et 300 se trouvaient encore dans le camp en juin 1945 du fait de l’incapacité à les déplacer. En début mai 1945, l’agence Tass informa le monde de l’enquête menée à Auschwitz et des atrocités perpétrées. Le secret des Nazis était éventé malgré les précautions voulues. Le nombre estimé de morts dans les camps d’Auschwitz inclut 1.000.000 Juifs, 74.000 Polonais, 21.000 gitans, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques. Dans son testament, Hitler avait de nouveau accusé les Juifs d’avoir causé la guerre : il est mort comme il avait vécu, dans la haine fanatique du Juif.

Références

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1https://www.cairn.info/publications-de-Yakov-Gabbay–712814.htm

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