Rechercher
Les plus populaires

Haman est-il iranien ? Le Livre d’Esther et la guerre contre l’Iran : un parallèle vertigineux

Pourim, la vérité derrière le masque ?

Le mont des Oliviers : entre Histoire et Espoir

L’Affiche rouge : Juifs et armés dans la France de Vichy ?

Le Hafets Haïm, la force du silence

Strasbourg 1349 : la Saint-Valentin du sang

Entre vérité et illusion, les rêves vus par le judaïsme

Rabbi Chmouel Ha-Naguid : Sage, Prince et Guerrier de l’Âge d’Or Séfarade

Tou Bichevat : la force silencieuse de l’hiver

La spoliation des œuvres d’art appartenant aux juifs par les nazis

Partager

Haman est-il iranien ? Le Livre d’Esther et la guerre contre l’Iran : un parallèle vertigineux

Mars 2026. Israël est en guerre contre l'Iran. Et c'est le mois de Pourim, la fête juive qui commémore le sauvetage du peuple juif face à un ennemi perse qui avait juré de l'exterminer. La coïncidence est trop saisissante pour être ignorée.
Haman

Une histoire vieille de 2 500 ans

Le Livre d’Esther est l’un des textes les plus lus de la Bible hébraïque. Il se déroule dans la Perse antique, sous le règne du roi Assuérus, probablement Xerxès Ier, qui régna de 486 à 465 avant notre ère. C’est une histoire de cour royale, d’intrigues, de courage et de survie. Mais c’est surtout une histoire qui parle d’une menace d’annihilation d’un peuple entier, et du retournement miraculeux qui l’a évitée.

Pour comprendre le parallèle avec aujourd’hui, il faut d’abord connaître les personnages.

 

Les personnages du Livre d’Esther

Assuérus est le roi de Perse, souverain de l’empire le plus puissant du monde à son époque. Il règne sur 127 provinces, de l’Inde à l’Éthiopie. C’est un personnage versatile, influençable, qui prend ses décisions au gré de ses humeurs et de ses conseillers.

Haman est son grand vizir, son bras droit. C’est lui, le véritable antagoniste de l’histoire. Homme d’une arrogance démesurée, il nourrit une haine viscérale envers les Juifs. Pourquoi ? Parce que Mardochée, un Juif pieux, refuse de se prosterner devant lui. Ce refus, qui aurait pu rester une affaire personnelle, devient dans l’esprit de Haman une raison d’éliminer un peuple tout entier.

« Haman dit au roi Assuérus : Il y a un peuple dispersé et à part parmi tous les peuples dans toutes les provinces de ton royaume ; ses lois sont différentes de celles de tous les peuples, et il n’observe pas les lois du roi. Il n’est pas dans l’intérêt du roi de le laisser tranquille. » – Esther 3:8

Notez la rhétorique : le Juif est présenté comme un élément étranger, dangereux, incompatible avec l’ordre établi. Cette argumentation est d’une modernité troublante.

Esther est la reine, nièce de Mardochée. Juive, mais dissimulant son identité à la cour. C’est elle qui, au péril de sa vie, interviendra auprès du roi pour dénoncer le complot de Haman et sauver son peuple.

Mardochée est le sage, le résistant tranquille. Celui qui refuse de courber l’échine, qui alerte Esther du danger, et qui finira par être réhabilité là où Haman sera condamné.

 

Le décret de mort et la rhétorique génocidaire

Avec l’accord du roi, Haman obtient un décret royal autorisant le massacre de tous les Juifs de l’empire à une date précise : le 13 du mois d’Adar. Des lettres sont envoyées dans toutes les provinces. La machine est en marche.

Ce qui est frappant dans ce récit, c’est le caractère bureaucratique, institutionnel, du projet d’extermination. Haman ne tue pas dans la rage, il planifie, il organise, il fixe une date. Le génocide est annoncé publiquement. C’est une décision d’État.

Cela résonne de façon troublante avec les déclarations répétées de dirigeants iraniens depuis des décennies. Mahmoud Ahmadinejad, alors président de l’Iran, affirmait en 2005 qu’Israël devait être « rayé de la carte ». Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique, a tenu des propos similaires à de nombreuses reprises, accompagnés de compte à rebours symboliques sur des écrans géants à Téhéran : « X jours avant l’élimination d’Israël ».

Une rhétorique d’annihilation, annoncée publiquement, inscrite dans une idéologie d’État. Le parallèle avec Haman n’est pas une métaphore poétique, c’est une structure politique identique, à 2 500 ans d’intervalle.

 

Le retournement et la fête de Pourim

Dans le récit biblique, le retournement est spectaculaire. Esther révèle son identité juive au roi, dénonce Haman, et le destin bascule. Le décret de mort ne peut être annulé, les lois perses sont irrévocables, mais un second décret est émis, autorisant les Juifs à se défendre. Haman est pendu à la potence qu’il avait lui-même fait construire pour Mardochée.

Les Juifs se défendent, survivent, et instituent la fête de Pourim, du mot hébreu « pur », le tirage au sort qu’avait effectué Haman pour choisir la date du massacre. La fête célèbre chaque année ce retournement : celui qui voulait tirer au sort la mort du peuple juif a lui-même péri.

Pourim tombe en mars 2026. Israël est en guerre contre l’Iran. Pour de nombreux Israéliens et Juifs dans le monde, cette coïncidence n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une vision profonde de l’histoire juive : celle des cycles, des menaces récurrentes, et des retournements providentiels.

 

Perse hier, Iran aujourd’hui : la même terre, le même nom

Un détail géographique mérite d’être souligné : la Perse antique et l’Iran moderne, c’est le même territoire. Le nom « Iran » vient du vieux perse « Aryana » et a officiellement remplacé « Perse » en 1935. Les Iraniens sont les héritiers directs de cet empire.

Ce n’est pas une analogie entre deux civilisations différentes, c’est la même civilisation, sur la même terre, des millénaires plus tard, face au même peuple. Certains rabbins et intellectuels juifs n’hésitent pas à qualifier cette guerre de « réédition du Livre d’Esther ».

Il ne s’agit pas de réduire une réalité géopolitique complexe à un conte biblique. L’Iran d’aujourd’hui est une puissance nucléaire en devenir, dotée de missiles balistiques, de mandataires armés (Hezbollah, Hamas, Houthis), et d’une idéologie révolutionnaire islamique qui place l’élimination d’Israël au cœur de sa doctrine d’État. Ce sont des réalités stratégiques bien documentées.

Mais le cadre narratif du Livre d’Esther offre une grille de lecture que ni les analystes géopolitiques, ni les historiens, ne peuvent simplement balayer : une puissance perse qui décide d’anéantir les Juifs, un peuple qui résiste et survit, et un retournement de situation inattendu.

 

Ce que le texte dit encore

Le Livre d’Esther est l’un des rares livres de la Bible hébraïque dans lequel le nom de Dieu n’apparaît pas une seule fois. Les commentateurs juifs y voient un enseignement profond : Dieu agit dans l’histoire, mais de façon cachée, à travers des actes humains, des décisions courageuses, des coïncidences qui n’en sont pas.

Esther n’attend pas un miracle du ciel. Elle agit. Elle prend un risque mortel en allant voir le roi sans y être convoquée, une faute passible de mort dans la protocole perse. Mardochée lui dit une phrase restée célèbre :

« Qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » – Esther 4:14

Pour beaucoup, cette phrase résonne aujourd’hui comme un appel : chaque génération est appelée à répondre à la menace de son époque. La survie ne vient pas de la passivité, mais de l’action au bon moment.

 

Conclusion : histoire ou prophétie ?

Le parallèle entre le Livre d’Esther et la guerre contre l’Iran en mars 2026 n’est ni une preuve, ni une certitude théologique. C’est une invitation à lire l’histoire avec profondeur, à reconnaître que certains schémas se répètent, que la mémoire collective des peuples n’est pas un ornement culturel, mais une boussole.

Que l’on soit croyant ou non, laïque ou pratiquant, il est difficile de rester insensible à la coïncidence : le peuple dont un empire perse voulut la mort il y a 2 500 ans célèbre, ce mois de mars 2026, la fête de sa survie, pendant qu’il combat, à nouveau, une puissance issue de cette même Perse.

L’histoire ne se répète pas exactement. Mais elle rime, parfois, de façon troublante.

Partager

A découvrir également sur Yedia

Whatsapp Yedia

Ne manquez plus aucun contenu sur Yedia en rejoignant notre groupe Whatsapp. Une diffusion quotidienne.

Newsletter Yedia

Vous souhaitez recevoir la newsletter mensuelle de Yedia avec l’ensemble des articles, podcasts, et vidéos du site. Inscrivez-vous ici sans plus attendre.

Facebook Yedia

Ne manquez plus aucun contenu sur Yedia en rejoignant notre communauté Instagram.

Youtube Yedia

Ne manquez plus aucun contenu sur Yedia en rejoignant notre groupe Whatsapp. Une diffusion quotidienne.

Spotify Yedia

Retrouvez tous nos podcasts sur Spotify.  Il suffit de vous abonner à notre chaîne pour les écouter directement.

Yedia est un média dédié au Judaïsme, à sa culture, son patrimoine, et à son identité. Grâce aux contributions de ses auteurs et producteurs de contenus, issus de tous horizons, il se veut le témoin de sa richesse, et de sa diversité.

Art et culture, langue et écriture, société, histoire, sciences, lifestyle, judaïsme, sont les thématiques qui traversent Yedia.
Articles, podcasts, vidéos, sont disponibles sur la plateforme et permettent à tous à tout moment de pouvoir accéder au contenu.
Enfin Yedia se veut ancré dans l’époque dont il est issu, voire même dans le futur. Une partie des contenus sont consultables dans un metaverse accessible depuis le site Yedia.
Dans un monde dans lequel le savoir se dilue plus rapidement que l’ignorance, nous pensons que la connaissance est faite pour être partagée…au plus grand nombre, à tous, sans distinction.

Partager sans distinguer, et distinguer la connaissance de la croyance, afin de la faire comprendre, simplement et au plus grand nombre.
Sans partage, il n’y a pas de lumière.


Et ce qui n’est pas éclairé, reste dans l’obscurité.

Newsletter

Abonnez vous à la Newsletter de Yedia

Il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.